Le silure

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Depuis toujours, le silure glane inspire une certaine méfiance du fait de sa morphologie et des nombreuses légendes dans lesquelles il a une place « d’ogre » sans pareil. D’ailleurs, le proverbe Bohémien « Un poisson est toujours la proie d’un autre mais le silure glane les mange tous. » (GUDGER 1945) reflète bien cette réputation. Cependant, malgré un intérêt croissant pour le silure glane, peu de travaux s’attachent à la connaissance de cette espèce.

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Date de première introduction du silure glane en France selon les résultats de  « l’enquête silure. »

Son introduction a fait de belles choses:

  • presque supprimer l’invasion d’Ameiurus melas introduit par des irresponsables , mais sensible à un virus qui semble peut déranger le silure glane
  • maitriser  une autre invasion , celle des écrevisses américaines , etc

Visiblement, les introductions imbéciles, les fédérations aiment, en ce moment, c’est le Micropterus salmoides

Au début du printemps, le silure glane effectue des migrations de fraie pour trouver des zones propices à sa reproduction. Au Daghestan (Caucase du Nord) ces migrations commencent lorsque les eaux atteignent 10°C, les silures glanes se rendent alors plus en aval dans la baie d’Agrakhanskiy où ils se nourrissent abondamment. En France, durant la même période et dans les mêmes conditions, le silure glane effectue une migration de pré-fraie, depuis la zone lotique jusqu’à la zone lentique située près des berges (TIXIER 1998) ou plus en aval vers les zones calmes.
Cependant, les silures glanes des réservoirs n’ont pas besoin de migrer vers les rivières
adjacentes pour se reproduire si les conditions du milieu sont déjà favorables à leur
reproduction (HLADIK & KUBECKA 2003).

« La ponte se produit de nuit, lorsque la température de l’eau est supérieure à 20°C pendant une période suffisante(généralement 2 à 3 mois)(HORVATH 1977), après une parade nuptiale au cours de laquelle le mâle entoure le corps de la femelle afin de favoriser l’expulsion des ovules et leur fécondation (SAAT 2003). Si les conditions de températures ne sont pas optimales, une brusque chute de la pression atmosphérique peut aussi induire cette ponte (ABDULLAYEV et al. 1978). Le diamètre des ovules varie de 1,8 à 2,2 mm. Au moment de leur expulsion par la papille uro-génitale, ils sont fécondés et gonflent au contact de l’eau pour atteindre 3 à 4 mm de diamètre. Les oeufs ont une couleur brun-vert ou jaune et sont dépourvus de globule lipidique (PROTEAU et al. sous presse). Durant l’ovogenèse, de nombreux mucosomes se développent dans l’épithélium folliculaire et libèrent une substance mucopolysaccharidique qui entoure les œufs, leur permettant d’adhérer facilement au substrat au moment de la ponte (RIEHL & PATZNER 1998).
Les silures glanes appartiennent à la guilde reproductrice des «gardiens» (PROTEAU et al.
sous presse) qui produisent généralement des œufs plus gros que ceux des autres poissons mais en nombre plus réduit (fécondité relative du silure glane : 20 000 à 30 000 ovocytes par kg de femelle) que les parents protègent (BRUTON 1996). Durant la période de développement des œufs, c’est le mâle qui reste près du nid afin de renouveler l’oxygène ambiant et éviter des dépôts de vase ou de limon en éventant les oeufs par un constant mouvement de la caudale. L’embryogenèse dure 50 à 70 degrès-jours (2,7 jours après une ponte à 22°C) et la phase larvaire dure 4 à 5 jours (SAAT 2003). Dès leur éclosion, les larves vont pouvoir se fixer sur les racines du secteur de ponte grâce à une petite papille ventrale adhésive qui leur permet de ne pas être envasées ou asphyxiées sur le fond. Cette papille provisoire disparaît après quelques jours (BARLA 1998).  »

Concernant la période de ponte, celle du brochet se situe entre les mois de février et de mars lorsque la température de l’eau atteint 8°C à 10°C (CHANCEREL 2003), celle du sandre a lieu entre mars et avril lorsque les eaux atteignent 12°C (POULET 2004) et celle du silure glane se situe entre juin et juillet pour une température de 23°C en moyenne. Les brochets se reproduisent sur des sites peu profonds (hauteurs d’eau de 20 à 80 cm), calmes et riches en végétaux. Les silures glanes recherchent aussi des sites de hauts fonds, mais avant tout des lieux avec racines et cavités. A contrario, le sandre préfère des zones plus profondes pour sa reproduction. Ainsi, du fait qu’il n’y ait ni concordance entre les sites de reproduction, ni synchronisation entre les dates de ponte, on peut supposer qu’il n’y a pas de lutte territoriale pour l’accès aux frayères.
Les jeunes stades de silure glane et de brochet sont essentiellement zooplanctonophage
(CHANCEREL 2003), recherchant leur nourriture en solitaire dans des milieux ombragés et denses en végétation. Les jeunes sandres, également zooplanctonophage, recherchent leur nourriture en groupe en milieu ouvert (RAAT 1990). Bien qu’il n’y ait pas, à ce stade, de compétition entre ces espèces, compte tenu du décalage temporel dans l’émergence des larves et des différents habitats prospectés, il conviendrait de s’interroger sur les interactions possibles entre les différents stades de ces espèces. A ce jour, aucun travail n’évoque ces aspects.

En fait c’est faux , cela a été fait et cela devrait faire réfléchir …

Ayant pris un sujet de 22 kilos, pour 1m56 (au ventre vide) le 14 juillet, d’une année de forte chaleur , il est possible qu’elle avait émis entre 440 000 à 660 000 ovocytes. C’était le premier de cette taille à cette distance de l’estuaire, en Meuse sauvage. Cela fait suite à une baisse constante de taille des brochets, de belle taille, sur cette portion du fleuve.  A l’occasion des crues, notamment d’hiver, bien des poissons se déplacent ou dévalent …

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Une vidéo très intéressante sur le comportement alimentaire du silure : 

La Dordogne est le lieu où, en France, le silure a été vraiment étudié :

L’étude du silure sur la Dordogne

Nous sommes face, à un vrai travail, qu’il faut lire complètement 

Mais, attention, c’est un lieu trés particulier: une réserve de la biosphère, dont, la gestion et l’état sont regardés, par bien des acteurs:

Donc, quand on lit que, dans un tel lieu : Des prélévements exceptionnels sont à l’étude pour préserver les migrateurs, il est important de regarder ce dossier, là, et partout ailleurs en Europe … 

Les fais scientifiques sont produits , il faut désormais, que ceux qui doivent, fassent, notamment vu leurs engagements…

Ces propos suggèrent que si le no kill  a des adeptes, surtout chez ceux, qui veulent, une pêche de loisir, commerciale, ou une pêche de poissons non consommable car trop contaminés,  les données scientifiques, montrent ici et ailleurs, que cela doit se discuter …

En tout cas, le regard allemand et suisse est différent d’une part , d’autre part il y a tous ceux qui mettent leurs exploits en vidéos sur le net, exemple :

Je me demande, si ces enfants et leurs parents ont conscience qu’ils sont identifiable et que leurs pratiques sont considérées, comme une honte, par bien des citoyens…

Le spécialiste français, du silure, est Frédéric Santoul, les photos de l’article sont édifiantes , mais on est dans le sud Ouest …  L’ exemple 

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Nous savions depuis longtemps que ce poisson présente un intérêt culinaire non négligeable :

Richard FILIPPI est professeur de cuisine, chargé de recrutement des cuisiniers du groupe Ducasse, membre de l’Académie culinaire de France et concepteur de plats cuisinés pour les missions spatiales Cassiopée, Pégase, STS 86 et Perseus. Il a créé les 10
recettes originales présentées dans ce livret.

“ Contrairement aux idées reçues, le silure est un poisson de choix. Il est facile à préparer: dépourvu d’écailles, il suffit de le peler et d’ôter les taches brunes qui adhèrent à la chair. Celle-ci est blanche, ferme et se tient bien à la cuisson. Elle est presque dépourvue d’arêtes et présente un faible taux de matière grasse : moins de 2% […] ”

Ce n’est pas tous les jours qu’un enseignant en cuisine, s’engage. Ce serait bien que les autres , notamment les disciples d’Escoffier,  fassent leur part , pour ré-enseigner les modes de préparation et mises en valeur des productions, d’eau douce, locales .  C’est un premier pas de prétendre vouloir mettre en oeuvre les circuits courts , mais il ne faut pas imaginer, que dans ce domaine là , comme d’autres , on ne souhaite que les mots, on veut surtout les actes …

Je met une vidéo pas française , mais je suis preneur d’une française :

Il y a pourtant, ici et là, un peu d’espoir, exemple .

Concernant les données de migration, il y a ceci :

http://www.migado.fr/

http://www.migado.fr/docs/bulletin_octobre_2017.pdf

Nous venons de voir le dossier Dordogne, mais qu’en est il du dossier Meuse ?

C’est un dossier plus complexe, car cela concerne plusieurs pays européens, chacun, avec ses passifs  :

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Il existe un traité, ce qui a permis de produire ceci , mais depuis 2011, on dispose de quoi , à part, le transfert des niveaux d’eau pour les crues ?

Il y a, aussi, toutes les bases légales, nationales et européennes.

L’article L.433-3 du Code de l’Environnement stipule que « L’exercice d’un droit de pêche emporte obligation de gestion des ressources piscicoles. » A cette fin, les Fédérations Départementales des Associations Agréées pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques (FDAAPPMA) ont, depuis les années 1990, élaboré des Plans Départementaux pour la Protection des milieux aquatiques et la Gestion des ressources piscicoles, plus communément nommés PDPG. Ces documents permettent de dresser un diagnostic précis de l’état des milieux aquatiques et des populations de poissons. Des actions à mettre en œuvre sont ensuite planifiées au travers de Plans de Gestion Piscicole (PGP) et proposées aux Associations Agréées pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques (AAPPMA) qui, avec l’appui de la Fédération de Pêche et la collaboration de partenaires comme l’Agence de l’Eau, la Direction Départementale des Territoires, le Conseil Départemental, le Conseil Régional, les syndicats de rivières, etc… vont permettre de protéger, gérer et restaurer les ressources piscicoles et les milieux aquatiques.

Pour la Belgique, il faut, d’abord, savoir que le respect de la Vie et de l’eau est une démarche tardive et par contrainte: la première station d’épuration de la Ville de Bruxelles est due à une demande de parlementaires européens, non belges, qui avaient refusé de sièger, si cette situation n’était pas traitée. Pour la ville de Liège ce me semble dater de 2005, 2007.  On peut alors facilement imaginer l’état des écosystèmes de la  faune estuarienne de la Meuse… Un état des lieux du réel  actuel est accessible ou ?

Cela n’empêche que la Belgique communique sur la restauration des stocks de poissons migrateurs et a fait un état des lieux des existants:  un beau document , mais de 2006 : le stock de silure est donc en reconstitution depuis 1985. Celui de 2017 est accessible ici :

« Les obstacles à la libre circulation des poissons sont inventoriés sur les cours d’eau wallons depuis 1997. En 2016, près de 60% étaient considérés comme importants à infranchissables et 2% avaient été levés ou aménagés. Un programme de réintroduction du saumon atlantique dans le bassin de la Meuse a été lancé fin des années ’80. Des remontées de saumons adultes vers les lieux de frayère sont observées depuis début 2000. »

Comme il faut rester humble, il faut lire cela, donc un rapport parlementaire qui aurait du être mis à disposition de tous les pécheurs, par les fédérations de pêche…

« Orientation n° 3 : Renforcer la protection des poissons migrateurs 

– Mettre en place une politique de gestion des prédateurs compatible avec la présence des migrateurs, en particulier le silure.

– Mettre en place une politique de gestion de la pêche (amateur et professionnelle) compatible avec la protection et la valorisation des populations de migrateurs, qui limite les méthodes susceptibles d’entraîner des captures accidentelles.

– Renforcer les opérations de contrôle de la pêche sur les cours d’eau où sont présents des poissons migrateurs.

– Garantir un niveau de qualité de l’eau dans les zones de reproduction compatible avec les exigences biologiques des espèces de migrateurs visées.

– Améliorer la compréhension des effets de l’anthropisation des cours d’eau sur les poissons migrateurs afin de garantir une restauration durable de leurs populations.

– Soutenir les programmes de recherche destinés à améliorer l’efficacité des passes à poissons et à réduire les coûts d’installation et d’entretien.

– Permettre aux investissements d’avenir de financer des actions destinées à protéger la biodiversité, notamment dans le domaine de la recherche et du développement. »

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Mais un rapport parlementaire, ce doit être, comme un texte de la cour des compte, un texte produit pour mettre aux archives…

Ceux qui acceptent de payer, peuvent avoir droit à ceci.

Pour la Hollande:

« Le poisson-chat est soumis à la loi sur la conservation de la nature aux Pays-Bas depuis 1973 et a été inclus dans la nouvelle loi sur la flore et la faune en 2002 . Il n’a donc pas été permis d’être pêché et il ne devrait pas être éteint. Les échantillons piégés doivent être immédiatement retournés à la même eau. Le poisson-chat ne figure pas sur la liste rouge néerlandaise des espèces de poissons menacées. Parce que le poisson-chat européen est en augmentation et parce que le ministère de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité des aliments veut améliorer la législation sur la nature, cela a changé en mars 2012. Le poisson chat peut être péché depuis le 1er mars 2012, avec un temps de fermeture continu. Tout poisson pris doit être retourné immédiatement. .L’espèce figure sur la liste rouge de l’UICN comme n’étant pas menacée , année d’évaluation 2008. [1]

Le passage amusant est ensuite : le bon appat pour un silure, c’est une anguille … Ce sont des propos de pécheurs , donc,  de personnes qui ne doivent pas connaître le sujet…

La meuse est, un fleuve , jugé important, pour la reconstitution du stock d’anguille européenne, mais, conjointement, la population de silure est en forte hausse, d’une part et d’autre part les conditions météo des deux dernières années ont été idéales pour la reproduction.   Ce serait bien de disposer de données scientifiques actualisées , car, le sujet du silure justifie bien des papiers de journaliste et ou journaleux: le texte ci-dessous  analyse leurs contenus …

→ Analyse du traitement médiatique du silure glane ( Silurus glanis), une espèce au centre de controverses.

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Dans le Pô en Italie , 130kilos pour 2mètres 70, je me demande quelle est la biodiversité de ce fleuve, poubelle depuis bien trop longtemps.
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Dans le Pô en Italie , 130kilos pour 2mètres 70, je me demande quelle est la biodiversité de ce fleuve, poubelle depuis bien trop longtemps.

En 2002, la ville de Milan n’avait pas d’usine de traitement des eaux usées.

cela cause aussi sur la Saône :

Conscients de la difficulté à aborder le problème et des désaccords sur le sujet, les pêcheurs ont malgré tout des propositions concrètes. Même si la pêche du silure est devenue sportive et attire des pratiquants, il faut peut-être envisager de ne pas remettre systématiquement à l’eau les grands spécimens. De la même façon, ils évoquent la nécessité de la régulation de la population par des moyens à définir comme l’élimination des plus petits, ou des pêches uniquement destinées à cette espèce.

Vu l’imbécilité de bien trop , on veut, tout de suite, le classer , en nuisible . Cela a été pendant  des dizaines d’années  le cas de l’anguille, une vraie honte des gestionnaires officiels français.

Je trouve cela ridicule, surtout, quand on sait ceci, l‘anguille est:

Le poisson le plus cher au Japon

une petite visite en suisse:

La Confédération considère quand même le silure comme un indésirable. Les pêcheurs doivent donc le tuer en cas de capture.

https://actu.fr/normandie/sablons-sur-huisne_61116/un-silure-pres-2-metres-peche-letang-conde-sur-huisne_16145907.html

un petit tour en Corse:Les retrouver si haut alors qu’ils affectionnent les eaux calmes et stagnantes prouve qu’ils sont capables de remonter le cours d’une rivière. C’est très inquiétant »

Le monde change , les producteurs de la Bresse se mettent  aux silures ( ceux de la Sologne , eux se mettent aux esturgeons )
Dans la famille de Vincent Hennequart, on est pisciculteur de père en fils depuis le XIVème siècle.
Dans la centaine d’étangs qu’il gère avec sa sœur Patricia, pas de carpes ni de brochets. Chaque semaine, entre septembre et mai, on pêche l’esturgeon.

2 RÉFLEXIONS AU SUJET DE « LE SILURE »

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