L’anguille

Un animal, dont on est très loin de tout connaître. Comme, c’est toujours mieux d’avoir plusieurs regards, pourquoi ne pas commencer, par un regard, sur l’américaine…

  • Nous sommes face à un poisson qui peut vivre en eau douce, saumâtre et marine.
  • Elle a une croissance plus ou moins longue, sa taille ne permet pas de prédire son âge et elle ne se reproduit, qu’une fois, en mer, avant de mourir.
  • Si sa reproduction est en mer, le ou les lieux de reproduction ne sont pas connus avec précision. Mais, comme cela doit être dans les eaux internationales, donc, un espace, de non droit , ce serait mieux que cela le reste…
  • Les plus beaux sujets s’observent en eau douce.
  • L’européenne a été classée comme espèce en danger et l’Europe a initié un plan d’action qui va transformer, beaucoup, le fleuve Meuse, qui depuis des siècles a sa biodiversité massacrée par les actions humaines.

Une fiche à lire, pour l’européenne, j’ai initié, en son temps.  le paragraphe « grave trouble de la gouvernance. » Visiblement, vu le texte, ci-dessous, et les données, indiquées dans l’article silure, cela perdure.

“ Quelles furent les conséquences de l’introduction du silure ? ” 
Elles s’avèrent dramatiques pour les autres espèces de poissons formant le peuplement
du Fumemorte.
A partir de 2001 les autres espèces, y compris l’anguille, ont commencé à diminuer. Non seulement les plus gros silures mangent toutes les espèces de toutes les tailles, mais les jeunes silures de l’année sont très rapidement piscivores et se nourrissent abondamment de juvéniles*.
Donc, le stock de géniteurs, mais aussi le recrutement annuel des autres espèces sont touchés, ce qui explique le déclin catastrophique de toutes les espèces. » Quand on sait ceci: « Cette brochure ainsi que le modèle de dynamique de population d’anguille sont cofinançés par l’Union européenne », il est peut être important de dire que les contribuables, notamment pécheurs, devraient être beaucoup mieux informés …

« Le stade de croissance, connu sous l’appellation d’anguille jaune (ou verte),
peut se trouver en milieu marin, saumâtre, ou dulcicole. Cette étape peut durer de deux à 25 ans, et pourrait dépasser 50 ans, avant l’ultime métamorphose en anguille argentée. »

« Par ailleurs, l’Islande semble constituer un habitat original pour A. anguilla car elle
abriterait également des anguilles américaines (A. rostrata). Une hybridation entre les deux espèces y aurait été observée selon Avise et al. (1990). »

« Au moment de leur départ vers la mer, les mâles présentent des organes reproducteurs
très fins et lobés avec développement des canaux déférents, alors que les gonades femelles sont rubanées et bien plus développées. A ce moment là, les sexes sont bien différenciés, mais les gonades sont loin de leur pleine maturité puisque celle-ci se fera lors de la migration transocéanique sous l’effet de la pression hydrostatique. »

« Ainsi, de récents travaux s’appuyant sur l’étude moléculaire des populations d’anguilles, ont suggéré qu’il existe une, voir plusieurs zones de frai, contredisant en partie la théorie généralement admise de la panmixie (Daemen et al., 2001; Wirth et Bernatchez, 2001, Maes et Volckaert, 2002). La panmixie consiste en un régime de reproduction où tous les génotypes composant une espèce se mélangent aléatoirement. Ainsi, à chaque génération, des individus provenant de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce se retrouvent dans une aire de reproduction unique et l’agencement des gamètes s’effectue aléatoirement (Côté, 2014). A partir de l’analyse de l’ADN nucléaire, Wirth et Bernatchez (2001) et Maes et Volckaert (2002) établissent que l’espèce Anguilla anguilla a une structure arborescente qui montre l’existence de plusieurs groupes : un groupe Méditerranéen ; un groupe mer du Nord et un groupe Atlantique, ce qui permet de conclure que l’espèce n’est pas complètement panmictique. Toutefois, ces auteurs suggèrent qu’il pourrait y avoir une zone de frai commune, mais qu’il y ai un retard temporel entre l’arrivée des anguilles adultes provenant de différentes latitudes comprises dans l’aire de répartition de l’espèce. Il existe donc beaucoup d’incertitudes à ce sujet et tout n’est que suppositions et hypothèses.
Quoi qu’il en soit, on pense qu’une fois que les anguilles reproductrices atteignent la
mer des Sargasses, elles fraient et meurent d’épuisement (Tesch, 2003). Le cycle de la vie continue : les œufs fertilisés éclosent pour produire des pré-leptocéphales puis des
leptocéphales. »

Cycle biologique l’anguille européenne (Source : LOGRAMI)

Source

Pour la Loire, il y a du monde, sur le pont, d’une part et d’autre part, il existe un bel outil de communication Logrami

« La croissance de l’anguille est un phénomène extrêmement irrégulier. Des individus
d’un même groupe d’âge peuvent avoir des tailles et des poids différents. La croissance en longueur et en poids n’est donc pas liée à une augmentation d’âge et l’anguille la plus longue et/ou la plus lourde n’est pas forcement la plus âgée. Cette irrégularité de croissance, très importante, s’observe chez toutes les espèces d’anguilles (Tesch, 1977).

Les âges estimés étaient dans la Garonne et la Dordogne de 2 à 16 ans avec une moyenne de 7 ans et dans la Loire de 5 à 15 ans avec une moyenne de 11 ans. Parmi les classes d’âge observées de 2 à 16 ans, on observe que les intervalles de longueur pour les classes d’âge de 2 à 10 ans sont relativement faibles à l’inverse des groupes d’âge supérieurs à 10 ans (Fig. 8).
Ainsi, pour les groupes d’âge supérieurs à 10 ans, les variations de croissance entre les
individus sont très importantes et pour une taille donnée, il est très difficile d’estimer l’âge sans interpréter l’otolithe.

« Compte-tenu de la morphologie des reproducteurs (peau épaisse, pupilles dilatées,
transformation rétinienne) et de la nécessité d’avoir des pressions fortes sur les flancs pour déclencher expérimentalement l’émission des gamètes, il est en effet très probable que la reproduction s’ effectue à plusieurs centaines de mètres dans la zone épipélagique Kleckner et al 1983). Les larves les plus petites sont capturées entre 200 et 300 mètres (Schoth et Tesch 1984).
Pour l’instant, aucune observation ne vient étayer la présence d’une seconde aire de
reproduction d’Anguilla anguilla en Méditerranée, mais Boëtius et Harding (1985) estiment que les conclusions de Schmidt selon lesquelles cette espèce ne se reproduisait pas en Méditerranée sont quelque peu infondées.
Selon Boëtius et Boëtius (1980) la fécondité de l’anguille d’Europe est comprise entre 0,7 et 2,6 millions d’œufs pour des individus mesurant entre 630 mm et 790 mm. 

un article sur l’âge estimé à leur arrivée. 

Vu la baisse des stocks, et ce qui suit, elle a été classée comme espèce en danger.

« En dépit des avancées de la recherche au Japon, la reproduction artificielle est impossible pour l’anguille européenne, toute l’aquaculture et les repeuplements reposant encore sur la capture de civelle sauvage. Malgré les inquiétudes relatives aux risques de maladie et de baisse de la variabilité génétique pouvant résulter du repeuplement, ce risque doit être comparé aux effets bénéfiques potentiels de cette mesure et au risque d’un nouveau déclin du stock en l’absence de mise en place de cette mesure. «

Pour ceux qui lisent l’anglais, le document,  qui a induit le plan européen, donc bien des actions …

Jan Verkolje - Antonie van Leeuwenhoek.jpg

(Source)

Il y a un monde entre ceux qui produisent et se basent sur les faits, et tous les autres… 

Ce texte est le premier qui permet d’entrevoir une partie du mode de reproduction de ce poisson, qui, culturellement, est très important pour les hollandais (une des composantes des peuples du Nord, qui ont, du rapport Homme Animal, et du respect de la Vie, une vision bien différente de ceux des peuples du Sud). Ils sont, de plus, partenaire de la cogestion du fleuve Meuse.  Ce sont des personnes discrètes, mais, usuellement, quand ils prennent un sujet, eux,  ils font vraiment :

Avec les pêcheurs qui veulent sauver les anguilles en les mangeant

Dans le département de la Meuse, pays des 660 étangs créés par les moines vu ceci:

CREATION de CIVELLERIES et d’UNITES d’ELEVAGE d’ANGUILLES en FRANCE

on aurait pu faire bien des choses…

 

Dans ce dossier ( La Meuse), les vrais résultats viendrons de l’action coordonnée des pays européens, utilisateur du même tampon sanitaire, et ayant signé un traité à objectifs clairs.

Je ne dis pas, que rien n’est fait , mais franchement,  vu les faits scientifiques produits, les différents acteurs concernés, et il y a bien du monde, font ce qui se doit ?

En tout cas, en terme de communication collective, à ce stade, c’est la misère, pour être courtois. Il a été évoqué le cas de la Loire,  pour le fleuve Dordogne ( voir dossier silure ) , on a droit à ceci :

concernant la Meuse, si l’on peut accèder à un certain nombre de texte, c’est bien difficile de se représenter la progression des actions, et des inactions, ou pire…

Le traité

Les Gouvernements :

– De la République fédérale d’Allemagne,

– Du Royaume de Belgique,

De la Région de Bruxelles-Capitale de Belgique,

De la Région flamande de Belgique,

De la Région wallonne de Belgique,

– De la République française,

– Du Grand-Duché de Luxembourg,

– Du Royaume des Pays-Bas,

Considérant les travaux réalisés par les Parties Contractantes à l’Accord concernant la protection de la Meuse signé à Charleville-Mézières le 26 avril 1994 et désireux de renforcer la coopération existante entre les Etats et Régions concernés par la protection et l’utilisation des eaux du district hydrographique international de la Meuse,

Le dossier européen anguille:Un règlement européen (R(CE) no 1100/2007) impose des mesures de connaissance, de protection et gestion restauratoire de l’anguille (chaque pays doit mettre en place un plan de gestion visant à reconstituer la biomasse en géniteurs en agissant sur toutes les causes de régression de l’espèce) ; ce règlement est immédiatement et directement applicable dans tous les États membres sans qu’ils aient à le traduire dans leur droit national.

Le plan de gestion des poissons migrateurs du bassin Rhin-Meuse pour la période 2016-2021

La commission internationale de la Meuse a produit en 2011 ceci 

De très importants travaux sont en cours pour notamment restaurer la continuité écologique et aussi supprimer des postes de travaux d’un autre temps .

Cela induit des choses:

Prés de 20 000 poissons ont remonté la Meuse en un plus d’un an à Givet

Comme l’anguille a été désignée poisson de l’année 2018.

On doit espérer, qu’avec un peu de magie, au moins, en terme de communication, on va faire beaucoup mieux et très vite  pour informer et former les jeunes qui aiment ce fleuve. Car l’existant me semble, à ce stade, juste indigne…

En tout cas,  la recherche fondamentale, produit, exemple . Et, visiblement, les autorités européennes ont du travail vu ceci:

« Des éléments de preuve montrent que l’interdiction commerciale adoptée par l’UE en 2010 n’est pas suffisamment mise en oeuvre par les États membres. Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, organisme français, a récemment expliqué que les prises déclarées de la France se chiffraient, à elles seules, à 140 millions de civelles et qu’il restait encore un mois à comptabiliser. Une étude de marché éclair, réalisée cette semaine, a révélé qu’uniquement 30 millions d’unités avaient été vendues aux marchés européens officiels. Le reste s’est « évaporé ». »

La gestion nationale des migrateurs 

Les journées anguilles 2015

La prochaine 2018

 

Ceux qui veulent entrevoir plus, devraient regarder le dossier de la japonaise

Le poisson le plus cher au Japon

Alors que les hollandias ont déjà fait, en France , on commence , enfin à bouger :

http://www.courrier-picard.fr/106581/article/2018-04-28/les-anguilles-du-territoire-bientot-de-retour-dans-les-assiettes#

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