Des moules d’eau douce

Cela fait suite à un reportage qui évoquait l’invasion d’une chinoise.

Il faut commencer par une présentation. On y évoque celle, qui sera traitée totalement plus loin : Margaritifera margaritifera

Margaritifera margaritifera-buiten.jpg

La chinoise:

L’Anodonte chinoise, espèce introduite récemment (ceci est faux ) se propageant rapidement, est une menace potentielle supplémentaire pour les écosystèmes et les espèces de l’aval des cours d’eau et des plans d’eau naturels. En effet, des équilibres écologiques pourraient être perturbés et des populations de moules d’eau douce ou de poissons autochtones pourraient fortement se réduire ou disparaître. Son éradication est utopique. Par contre, il est possible de limiter son expansion en évitant les transferts de poissons d’un bassin à l’autre dans la mesure où ils ne sont pas reliés par un ou des canaux, ou à l’intérieur d’un bassin si un secteur est isolé par un barrage ou un seuil naturel ou artificiel. De même, il apparaît urgent d’interdire la vente de l’espèce en jardinerie/animalerie et son utilisation pour le traitement des eaux usées ou la production de perles par exemple. L’Anodonte chinoise devrait être inscrite sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques au même titre que certains poissons, crustacés ou amphibiens (Article R432-5 du Code de l’Environnement). Enfin, la progression de l’espèce reste à surveiller et son impact à évaluer. Un suivi de la colonisation devrait être mis en place aux niveaux français et européen et il serait souhaitable qu’un protocole destiné à mesurer son impact sur les écosystèmes et espèces soit élaboré.

Il y a un aspect important dans ce texte les poissons qui participent à sa diffusion:

Un certain nombre d’espèces de poissons sont connues pour être les hôtes des glochidies. Parmi les principales (et originelles) on peut citer l’Amour blanc Ctenopharyngodon idella (Valenciennes, 1844), la Carpe à grosse tête Aristichthys nobilis (Richardson, 1845), la Carpe argentée Hypophthalmichthys molitrix (Valenciennes, 1844) ou l’Amour noir Mylopharyngodon piceus (Richardson, 1846) qui sont comme elle des espèces originaires de l’Est de l’Asie (Girardi 2002, Mienis 2003, Paunovic et al. 2006). Ce sont d’ailleurs ces « carpes chinoises » qui ont servi de vecteur d’introduction dans de nombreux pays. Ces poissons ont été introduits dans les piscicultures ou les étangs pour lutter contre l’envahissement par la végétation aquatique ou pour la pêche. Concernant les espèces asiatiques introduites en Europe, le Pseudorasbora Pseudorasbora parva (Temminck & Schlegel, 1846) est aussi susceptible de servir d’hôte mais de manière secondaire (Fukuhara et al. 1986). Enfin, parmi les espèces de la faune européenne, certaines sont des hôtes avérés ou très probables des glochidies de l’Anodonte chinoise. Il s’agit de la Carpe commune Cyprinus carpio Linnaeus 1758, de la Tanche Tinca tinca (Linnaeus, 1758), des carassins Carassius spp. et des bouvières Rhodeus spp. (Watters 1997, Mienis 2002, 2003, Beran 2008). Si l’on ajoute à cela que la Gambusie Gambusia holbrooki Girard, 1859 et même des espèces de Cichlidés peuvent être des poissons hôtes (Dugeon & Morton 1984, Watters 1997)

cela fait du monde mais cette liste est incomplète. Mais, elle est un des aliments des loutres … Un trés beau document suèdois , un pays qui semble regarder ces sujets avec plus de profondeur.

Le conservatoire a même essayé sa destruction en un lieu . En fait , ce qui me semble important c’est ceci :

Suite à cette acquisition, l’étang a été vidangé en octobre 2014, après 29 ans sans mise à sec. La présence massive de l’Anodonte chinoise (Sinanodonta woodiana) a alors été découverte. Il s’agissait de la première observation de cette espèce exotique dans le Grand Est.

La présence de ce bivalve dans l’étang Romé serait liée à l’introduction illicite de quelques Amours blancs (Ctenopharyngodon idella) dans les années 2000 .

La je souris , car il y a eu, une mode de ces amours blancs avec la complicité des fédérations, d’autre part le commerce de poisson rouge ou pas pour la pêche se porte bien , donc ce ne doit pas être le seul lieu. Soyez rassuré , la plus grande partie de ces poissons a été payée en espèce avec ou sans un ticket de caisse… Le vrai sujet est plus qui peut, en voyant une moule, identifier l’espèce ?   Comme en Meuse , officiellement , il n’y en a pas, ce doit être très peu de monde. Je parle des pécheurs, mais aussi des employés des fédérations , etc  …

En tout cas , avant de vouloir agir, vu les bêtises déjà mises en oeuvre, ce serait bien de communiquer beaucoup mieux d’une part et d’autre part de proposer des choses pertinentes . Je ne suis pas le seul à le dire ...

Cela vient d’un pays qui , lui, produit, sur ce sujet, de très beaux documents …

Si de nombreuses espèces de moules unionidés sont des spécialistes de l’hôte (Modesto et al., 2017 ), S. woodianaa une gamme d’hôtes extrêmement étendue et peut utiliser toutes les espèces de poissons d’eau douce européennes testées jusqu’à présent (Douda et al., 2012 , 2017 ). Cette fonctionnalité est pas unique à invasifs S. woodiana populations, parce que S. woodiana utilise également une gamme extrêmement large d’espèces hôtes dans son aire de répartition naturelle (Douda et al,. 2017 , Dudgeon et Morton, 1984 ). Ce trait est une préadaptation très efficace pour une invasion rapide et réussie (Torchin & Mitchell, 2004 ). Il semble que la combinaison d’une utilisation d’hôte généraliste et du commerce commercial généralisé des poissons d’eau douce ait contribué à l’invasion rapide de S. woodianaà travers l’Europe, ainsi que dans d’autres régions du monde (Lajtner et Crnčan, 2011 ; Vikhrev et al., 2017 ; Watters, 1997 ).

Maintenant, un certain nombre de personnes savent le rôle bénéfique des moules dans les frayères. On parle ainsi du couple anodonte bouvière :

VIE ASSOCIÉE

Elle joue un rôle essentiel dans la reproduction des bouvières Rhodeus amarus. Pendant la période de reproduction, la femelle de ce poisson, possédant un long tube de ponte (oviducte), introduit les œufs, fécondés par le mâle, à l’intérieur de la coquille des moules (Anodonta et Unio). Elle les dépose sur les branchies et ils y resteront jusqu’à l’éclosion. Les jeunes alevins profiteront de l’abri jusqu’à la disparition de leur sac vitellin.

Mais, on sait quoi des exemples de vie associée de la chinoise d’une part et d’autre part des autres poissons qui usent de cette astuce ?

et pendant ce temps là les fédérations vont poursuivre leurs ré empoissonnements non réfléchis ?

Concernant la perlière, des choses ont été faites en France , mais c’est très loin d’être suffisant … Une petite remarque , quand on a vu la carte de répartition, on sait ou il faut prélever des poissons pour la transporter … J’espère que les lieux de reproduction des saumons pour la Meuse ont ce qui se doit … Je suis surpris que l’Inra , toujours prête à commercialiser des choses n’ai pas initié la commercialisation de jeunes sujets de truite ou de saumon que l’on sait contaminer . Il y a bien eu commercialisation de plants de noisettier, et autre, truffiers … Je connais bien des paysans , qui aiment leurs terres et qui, d’ailleurs, n’autorisent plus la pêche sur leurs ruisseaux première catégorie qui sont d’ailleurs les sources de la Vie aquatique, car localisation des frayères, qui auraient participé…

un peu de vrai science avec de très belles images :

préalable:

Ces photographies et vidéos ont pour but de susciter l’intérêt pour les moules perlières d’eau douce (Unionoida) et de promouvoir la conservation des espèces menacées d’extinction. Les étudiants, les enseignants et les biologistes sont invités à utiliser les images à des fins éducatives non commerciales (voir la politique d’utilisation ).  

les moules savent pécher, en partie en « no kill » la preuve :

la suite se trouve ici

il me semble urgent que le niveau de la communication de bien des acteurs soit tiré vers le haut… Il est temps, de mon point de vue, que les mondes des enseignants assument vraiment leur fonction et permettent des débats d’une tout autre tenue … Je dis cela, car, par ce site, je suis en lien avec bien des pècheurs qui me surprennent souvent: ils savent lire, se servir d’internet et en ont marre d’être pris par les soit disant gestionnaires pour ce qu’ils ne sont pas …

résumé: la chinoise qui se reproduit plus tôt envoie ses larves qui en parasitant tous les poissons induit une immunité , dont , à ce stade, on ne connait pas la durée, qui va empêcher ou limiter plus celles, ( les larves ) des autochtones de pouvoir le faire plus tard . Mais , attention, car les moules, dont la chinoise, sont le meilleur outil pour pouvoir limiter ou empécher l’apparition des cyanobactèries en période de forte chaleur …

on peut alors regarder, le dossier « gobies invasifs » autrement …

5 Replies to “Des moules d’eau douce”

  1. merci,
    le document est sur la page . On peut y lire : Les 13 et 19 juin, 1 000 m2 ont été prospectés lors du test d’un protocole reposant
    sur l’examen de dix quadras de 100 m2 : 185 individus d’Anodonte chinoise ont été
    retrouvés dont 43 encore vivants (soit un taux de survie de 21 %). Ces recherches
    minutieuses, uniquement visuelles, ont permis de trouver des mollusques vivants
    enfoncés dans des crevasses profondes de 20 centimètres.

    donc, pour moi, il y a eu diminution de population mais pas éradication . Quand on sait que cette vidange post acquisition était une nécessité , faire un texte en évoquant un protocole d’éradication est une honte …

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